Vigon, le Rhythm’ and Blues marocain

Rien ne destine le jeune Abdelghafour Mohcine à devenir Vigon, prince du Rythm and Blues français de 1965 à 1973. Né à Rabat au cours des années quarante, l’enfant de la médina quitte assez jeune l’école pour accompagner son père sur les routes de la capitale soussi, vendeur de légume ambulant.

Comme d’autres enfants de son âge, il est fasciné par les soldats des bases américaines, ou il travaillera à l’âge de l’adolescence. Très vite, il s’y rend chaque samedi et s’y produit pour quelques sous en reprenant les standards de ses idoles, Little Richard et Ray Charles.

C’est en phonétique que Vigon interprète Tutti frutti ou Georgia on my mind, ne comprenant alors pas l’anglais. Il développe pourtant un Rythm and blues exceptionnel et se révèle à lui-même : il veut en faire son métier. Au début des années soixante, alors que la France est saisi de la fièvre rock et que la génération yéyé triomphe, il tente sa chance lors d’un séjour de vacances et se présente au mythique Golf Drouot où toutes les stars de la scène yéyé ont débuté. Il se produit aux côtés de Ronnie Bird puis des Slivers stars du tout jeune débutant Alain Chamfort. C’est le début d’une carrière fulgurante. Très vite, il se met à tourner avec Les Lemons de Michel Jonasz dans les grandes boites parisiennes : dès 1964, il côtoit Les Who ou le Spencer Davis group au Bus palladium ou au Bilboquet.

Vigon connaît alors le succès avec « Bama lama bama loo » (1965) puis fait la première partie d’Otis Redding en 1966 à la salle de l’Olympia. Il démarre ensuite une carrière solo qui lui vaut d’assurer la première partie de Johnny Hallyday lors de sa tournée le Johnny Circus en 1972. Il sort de nombreux disques chez Barclay : la reprise du « Harlem Shuffle » (1967) de James Brown lui permet d’être remarqué par Atlantic, la maison de disque du RNB, chez qui il enregistre « It’s all over » en 1968. Il ne chante qu’en anglais à l’exception de la reprise en arabe de son titre « Only a fool » (1971) adapté en arabe sous le titre de « Alhoub el kébir » (le grand amour).
La décennie soixante-dix met fin aux années yéyé et consacre la musique psychédélique et disco : Vigon, fidèle au Rhythm and blues se retire de scène. Il rentre au Maroc en 1979 pour se produire dans des hôtels et des complexes touristiques. Il rentre à Paris en 2000 et se produit aujourd’hui dans un restaurant parisien.

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A propos Naïma Yahi

Directrice de Pangée Network
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