Kamel Hamadi, le poète prolifique

Né le 22 décembre 1936 à Aït Daoud (ex-Michelet en Grande Kabylie), Kamel Hamadi, de son vrai nom Larbi Zeggane, est l’un des plus grands auteurs-compositeurs-interprètes de l’immigration algérienne en France.

A la fin des années 40, cet ancien tailleur voit sa vie bouleversée par sa rencontre avec Slimane Azem, maître de la chanson kabyle, qui lui donne « envie de chanter ». Il commence par écrire des poèmes : au fil des rencontres, il sera recruté par Radio Alger qu’il intègre à l’age de 17 ans. Da Kamel enregistre de nombreuses opérettes, ainsi que plusieurs émissions enfantines. Il y fera la connaissance de Noura, qui chante régulièrement accompagnée de l’orchestre de Mustapha Skandrani. Ils feront tous les deux le voyage pour Paris en 1959 à l’occasion d’une série d’enregistrements pour la maison de disque Teppaz. A cette occasion, il fera des essais pour les émissions spécifiques de Radio Paris. C’est une fois rentré à Alger qu’après un mois d’attente, il reçoit un courrier l’invitant à rejoindre la Radio où opère déjà Ahmed Hachlaf. Il épouse la même année Noura, celle qui sera sa muse et aussi la plus grande chanteuse algérienne de la prochaine décennie. D’autres maisons de disque feront appel à lui : Oasis, La Voix du globe ou même Philips. C’est surtout avec les frères Hachlaf qu’il développe sa carrière en France. Avec Ahmed, il travaille pour Pathé Marconi et avec El Habib, il collabore aux plus belles chansons de son épouse. Ce duo d’auteurs compositeurs est à l’origine de Ya Rabi Sidi, (Oh mon Dieu) adaptation d’une chanson traditionnelle sur le départ d’un fils pour la France, restée gravée dans la mémoire des chansons de l’exil.

Au service de nombreux chanteurs maghrébins, on peut citer Karim Tahar, Saloua ou Hadj M’hamed El Anka. Kamel Hamadi a surtout écrit des chansons kabyles pour son épouse en poursuivant lui-même une carrière de chanteur. Ses thèmes de prédilection sont la vie quotidienne des Algériens, les chansons d’amour ou même l’exil. Ainsi, il chantera en duo, avec d’autres égéries de l’immigration comme Hnifa (Yidem Yidem, 1951), ou Cheikh Nordine. Au cœur du quartier de Barbès, il côtoie les plus grands interprètes de la chanson de l’immigration : Dahmane El Harrachi lui jouera du banjo, Blond Blond l’accompagnera au Tar. Il se mettra lui-même au service de chanteurs comme Cheikh El Hasnaoui ou Amar Lachab. Sa rencontre avec l’oranais Ahmed Wahby lui permet de s’essayer au genre musical Asri (moderne oranais des années 50). Il rencontre également le tunisien Mohamed Jamoussi, qui influence également son répertoire. Il offrira à sa femme des succès en arabe comme « Ah, houa houa » (Lui, lui, je ne veux que lui, 1971), complainte d’amour pour son bien aimé, ou en français avec « Paris dans mon sac » (1966).

Les chansons de son répertoire portant sur l’ghorba (l’exil) sont nombreuses : El hak bel Rekba (L’Argent du voyage), Ya Ghorba (L’Exil), ou Rouh Rouhal (Pars, que Dieu te facilite l’exil) chante la nostalgie, la séparation mais aussi les difficultés pour immigrer en France. Son travail de poète et de mélodiste contribue grandement à l’obtention par Noura du premier disque d’or (1 million d’exemplaires chez Pathé Marconi) d’une chanteuse algérienne en France en 1971. Celui qui a plus de 500 chansons à son répertoire vit aujourd’hui, comme toujours entre la France et l’Algérie.

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A propos Naïma Yahi

Directrice de Pangée Network
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